Les jeunes d’Escaro dans les années 60’

par Mémoire Mine

Au début des années soixante, le quotidien des familles de mineurs d’Escaro est considérablement chamboulé. Les galeries ferment une à une. Dans les aciéries françaises, le minerai de fer du Canigó est progressivement remplacé par celui de Mauritanie qui débarque, par navires entiers, dans le port de Dunkerque. Mobilisations, grèves, défilés : rien n’y fait. C’est tout un pan de l’économie du Conflent et des Pyrénées-Orientales qui est touché de plein fouet.
Certes, quelques mineurs sont recasés çà et là. Notamment comme chauffeurs et ouvriers pour la Société Denain Anzin qui a trouvé un nouveau filon commercial avec l’exploitation du spath-fluor au Pla de Gante. La grande majorité des mineurs se retrouve soit au chômage, soit mise en retraite anticipée. Professionnellement, la vie ne sera définitivement plus comme avant. Mais elle n’en continue pas moins. Vaille que vaille ! Et les jeunes d’alors d’Escaro entendent bien y croquer dedans à belles dents. Comme dans ces grosses pommes juteuses qui épanouissent, plus haut, dans les vergers du village. Là même, où pendant les vacances d’été, lors de pique-niques improvisés et délurés, se sont forgés tant de souvenirs…

Photo © Collection familiale Francis Parent / Association Mémoire de la mine.