Des bûcherons indochinois ont-ils travaillé pour les mines d’Escaro ?

par Mémoire Mine

Des travailleurs indochinois sont-ils venus effectuer des coupes de bois pour les mines d’Escaro-Aytua pendant l’Occupation ?

Ce n’est pas à exclure, à en croire un échange de courriers entre hauts fonctionnaires de l’Administration française. Le premier, daté du 3 février 1943, est adressé au Conservateur des eaux et forêts de Carcassonne. L’identité de l’expéditeur n’est en revanche pas clairement établie sur le document. Qu’y lit-on ? que « depuis l’arrêt des expéditions venant d’Afrique du Nord, les mines de fer des Pyrénées-Orientales constituent la seule source d’approvisionnement en minerai hématite dont dispose la sidérurgie française » et que le gouvernement a décidé d’intensifier la production de ces mines « qui devra être doublée avant six mois ». Mais qu’un « obstacle à cette augmentation de production est le manque de bois de mine ». Car bien qu’aient été accordées aux exploitant des mines de fer des P.-O. la possibilité d’effectuer des coupes de bois, « l’absence de bûcherons » se fait cruellement ressentir. Pour y remédier, il est donc instamment demandé au Conservateur des eaux et forêts de mettre à la disposition des dits exploitants une partie de la main-d’œuvre placée sous son autorité.

Document dans lequel il est fait état de l’affectation de travailleurs indochinois aux exploitations forestières des mines de fer.

Daté du 5 mars 1943, un second document, adressé cette fois au Représentant du Comité d’organisation de l’industrie des minerais de fer à Perpignan, fait état de cette requête à laquelle il a été répondu que le Service forestier ne disposait d’aucune main-d’œuvre disponible dans le département des Pyrénées-Orientales. Mais qu’en revanche, le siège départemental à Perpignan de la mission de Restauration paysanne serait sans doute susceptible de procurer le personnel désiré. « Après consultation par mon service de cet organisme », précise le fonctionnaire, « il a été prévu qu’un groupe de 50 travailleurs indochinois pourraient être affectés aux exploitations forestières de mines de fer sous certaines conditions de salaire, d’hébergement, de ravitaillement et de transport qui restent à débattre ».

Sources, documents et photos © Association Mémoire de la mine.

Pour en savoir davantage sur les travailleurs indochinois en France pendant la Seconde Guerre mondiale :
https://www.histoire-immigration.fr/dossiers-thematiques/les-etrangers-dans-les-guerres-en-france/les-travailleurs-indochinois-en-france