Des vestiges de la vie d’autrefois près d’Escaro.

par Jean-Luc BOBIN

C’est une très intéressante découverte qui a récemment été effectuée par l’un des adhérents de l’Association Mémoire de la mine.

Passionné d’histoire et d’archéologie, Oscar Robles arpente dès qu’il en a l’occasion les anciennes concessions minières d’Escaro et d’Aytua en quête d’objets pour enrichir les collections du musée.

Armé d’un détecteur à métaux, il quadrille méticuleusement tous les sites susceptibles de dissimuler quelques vestiges datant de l’époque de l’exploitation du fer.

L’une de ses dernières trouvailles atteste de l’utilisation importante de charrettes à bœufs. Soit à des fins industrielles. Notamment pour convoyer le minerai. Soit, plus généralement, dans le cadre de pratiques agricoles. Les attelages de bovidés servant alors au transport des balles de paille et des céréales cultivées sur les parcelles étagées des hauteurs d’Escaro.

Un oeil non averti n’aurait sans doute pas fait cas des ces pièces métalliques rouillées exhumées de leur épaisse gangue de boue séchée. Il s’agit en l’espèce de fers à bœufs. Ne ressemblant en rien à l’évidence à ceux dont sont pourvus les sabots des chevaux. Leur utilité n’en était pas moins importante. Car les fers en question étaient destinés à prémunir l’usure de la corne qui constitue les onglons des bœufs.
Cette ferrure était indispensable pour éviter aux animaux d’être contraints à de longues marches sur des terrains rocailleux et accidentés avec des chairs à vif, meurtries et déchirées parfois jusqu’aux os.

Les 14 fers à bœufs ont été découverts en remontant « El cami dels matxos », chemin communément emprunté aussi par les mulets.

Outre ces « trésors », le détecteur d’Oscar a également signalé la présence in situ d’une plaque d’aluminium d’EDF, d’un bout de rail tournant, de 2 cartouches de chasse, d’une capsule d’aluminium, de 2 maillons de chaîne, de 2 vis, d’un boulon, d’une bride, d’un clou et d’une poignée de débris d’aluminium.

Photo © Jean-Luc Bobin / Association Mémoire de la mine.